Voyager à moto…

Durant plusieurs années, mes voyages se sont déroulé plutôt à pied, en kayak, des moyens non-motorisés ou, le cas échéant, en utilisant les transports locaux. Voyager à moto n’était donc pas une évidence pour moi.

Une expé avec les moyens du bord...

C’est en décidant d’effectuer un dernier voyage avec mon premier véhicule, ma Varadero 125, qu’est né l’idée d’un long périple à moto. Une blague pour beaucoup : Une 125, pas vraiment fait pour traverser l’Asie centrale ; une femme à moto –c’est drôle, beaucoup de monde trouve encore cela étonnant- ; qui plus est seule ; et dans des pays lointain dit dangereux… Bon. De très bonnes raisons pour partir.

Heureusement, ma digne Varadero que pas un garage n’avait voulu regarder (excepté Cardy, merci à eux) n’est pas tombé en panne au bout du périph…. Elle a même vaillamment rallié, 22’000 kilomètres plus loin, Vladivostok.

Un vecteur de rencontres

Et ce que j’avais pressenti avant de partir n’a fait que ce confirmer au fil de la route : La moto, et cette fameuse

Policier au Kazakhstan

femme seule, s’est avéré un fabuleux vecteur de rencontre et de communication. Il n’est pas un endroit où, intrigué par cet équipage insolite, de nombreuses personnes ne soient venues m’accueillir, me parler, me faire connaître leurs mondes. Et tout particulièrement avec les femmes. Pour elle, me voir arriver, une femme à laquelle elles avaient donc le droit de parler, était une vraie image de ce qu’elle pouvait être la liberté. Soudainement, pour quelques une de ces femmes, de ces couples, envoyer leur fille à l’école prenait un sens : Alors, même une femme peut conduire ? Agir par elle-même ? Pire, ou mieux c’est selon, voyager et parler des langues étrangères, tout en restant respectable (ben non, je ne mets pas ma tente dans un champ à la sortie d’une ville pour accueillir des hommes ! Tiens, une femme seule émancipée n’est pas forcément une P… on en apprend tous les jours.)  …

En Mongolie, une femme et son bébé

Je ne prétends pas avoir changé les choses dans ces pays. Mais pour quelques personnes, quelques femmes, filles, et même des hommes, je suis persuadé que leurs regards ont quelque peu changés. Quelque chose que je n’avais jamais ressentis avec une telle acuité… y compris lors de certaines missions humanitaires où parfois nous sommes déconnectés de la réalité des gens.

La moto, loin de me couper des habitants comme j’aurais pu le craindre s’était avérée  un excellent outil de rencontre, permettant de plus d’élargir le champ des possibles en comparaison avec la marche.

Je ne ferai pas dorénavant plus que des expéditions à moto, mais j’ai décidé pour cette fois encore, de repartir avec une moto, afin de compléter, du moins de poursuivre, ce travail de rencontre avec les pays et les habitants de l’Asie et du Moyen-Orient. Au retour de Back to Japan, ces Routes Persanes sont immédiatement devenues une évidence.

Certes, les choses seront un peu différentes. Une 125 n’étant tout de même pas l’outil parfait pour la difficulté de ce nouveau parcours (et en plus la mienne est restée à Vladivostok), je serai donc avec un gros cube (voir la moto), cette fois soutenue par des partenaires et des aides… Mais le fond, je le sais, perdurera. Une fois le moteur en route, les premiers kilomètres passés, les premiers villages visités, je retrouverai le même plaisir et les mêmes rencontres…

 

Et l’écologie dans tout ça ?

Et oui, parce qu’en plus, j’ai une certaine empathie avec la notion écologique. Pas très compatible avec la moto ? Pas si sûr. Certes, la moto pollue plus que la marche. Même si, me fatiguant moins, je respire moins fort et dégage donc moins de carbone en utilisant moins d’oxygène. Cela dit, la nourriture parfois mal digérée des voyages provoque plus de flatulence, donc de méthane. Et le méthane, c’est mauvais ! (taper dans google effet de serre, vache et méthane par exemple). Mais ça, je l’avais aussi en marchant… Que faire ?

Bon, très de plaisanterie. Avec ma varadero 125, j’ai In Fine consommé moins pour le trajet Paris-Vladivostok que l’équivalant Kérosène/par personne du même trajet en Airbus A320. Les rencontres en plus. Hors si la notion de protection de la planète est aujourd’hui capitale, l’obligation d’aider, non à la tutelle, mais à l’émancipation, particulièrement des femmes et à leurs éducations l’est largement autant. C’est, avec ou sans moto, ce que j’essaye de faire à mon échelle, en luttant pour l’égalité des chances entre homme et femme et l’accès à l’éducation. J’en suis persuadé, la notion environnementale suivra.

(ouf, je peux donc continuer d’avoir des flatulences… et de voyager à moto encore un peu)

Cela dit, j’attends avec impatience la première moto écolo, non je rectifie, le premier véhicule motorisé réellement écolo (sans émission et sans électricité produite par des biais nucléaire, de pétrole ou de charbon). Je serai alors la première à faire le tour du monde avec. Le défi est lancé au constructeur, j’attends volontiers leurs propositions…

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